La Syrie a feu et a sang

n

 

La Russie est incapable de transformer en avancée politique ses indiscutables succès, à cause de l’intransigeance du dictateur syrien, analyse le spécialiste du Moyen-Orient.

 

Poutine recevant Assad dans la ville russe de Sotchi, le 20 novembre 2017

Le Kremlin est en train d’apprendre en Syrie qu’il est plus facile de gagner la guerre que la paix au Moyen-Orient. L’intervention directe de la Russie, depuis septembre 2015, est en effet une indéniable réussite militaire puisque, pour un engagement limité à quelque cinq mille hommes et des pertes de l’ordre de quelques dizaines de tués, Moscou est non seulement parvenu à sauver le régime Assad, mais aussi à s’imposer au coeur de l’équation régionale. Il est cependant tout aussi clair que Vladimir Poutine reste incapable de transformer ces acquis militaires en percée politique, tant cette incapacité est fondamentalement liée à la nature même du régime Assad.

 

Syria: What de-escalation?

Des combats sur tout les fronts

« La mutation du conflit syrien est très inquiétante. La lutte contre Daech, qui était la priorité de la coalition, avait mis au second plan les autres guerres syriennes, et les rivalités régionales apparaissent dans toute leur évidence avec l’offensive lancée par Ankara contre les Kurdes », relève un haut diplomate français,...

La Syrie a feu et a sang

Un bilan macabre : plus de 100 combattants du régime de ont été tués, dans la nuit de mercredi a jeudi, par un bombardements de l'alliance anti djiadiste à Deir Ezzor, un rai qualifié " de crime de guerre" par le pouvoir surien. La coalition dirigée par les Etats Unis a expliqué avoir agi pour répondre à l'attaque de ses alliés des Forces Démocratiques syriennes par des paramilitaires fidèle a Damas. Les faits sont survenus dans un contexte tendu entre l'administration américaine et le régime syrien, la première accusant la second d'avoir eu recours à des armes chimiques. L'armée de Damas bombarde, par ailleurs, depuis le début de la semaine, l'enclave rebelle de la Gouta, près de la capital, ou 220 civils ont été tués en quatre jours. A ces fronts s'ajoute Afrine, non loin de la frontière Truque, ou Ankara mène une offensive pour chasser les combattants kurdes des YPG

 

 Is Syria's de-escalation deal over? - YouTube

En savoir plus sur Syrie : acharnement contre les dernières zones rebelles

Le Willem du jour

Les limites de la stratégie syrienne du Kremlin

DES HISTOIRES D’ENGRENAGE 

La langue arabe possède un mot difficilement traduisible pour décrire la relation de dépendance paradoxale qui s’est créée entre le « faible » régime syrien et la « puissante » Russie

Hafez al-Assad était passé maître dans l’art « d’engrener » l’URSS au nom de la guerre froide: il avait ainsi mis en avant la menace de l’invasion israélienne du Liban, en 1982, pour obtenir un soutien massif de Moscou, avec un doublement des forces armées syriennes, dopées par du matériel de dernière génération et appuyées par des milliers de conseillers soviétiques.

Bachar al-Assad est parvenu à convaincre le président russe en 2011 que son maintien au pouvoir était essentiel pour la stratégie du Kremlin. Poutine s’est néanmoins piégé lui-même en se plaçant sur le strict terrain de la défense intransigeante de la « souveraineté » du régime Assad, donc en s’interdisant toute pression effective sur Damas.

 

Guerre en Syrie : "la communauté internationale a les mains liées"

Le chef de l'ONU a appelé "à une désescalade immédiate et inconditionnelle de la violence" après qu'Israël a lancé des raids aériens intensifs sur ce qu'il a appelé les bases iraniennes en Syrie, ce qui a provoqué des tensions dans la région.

"[A]ll concerned in Syria and the region have a responsibility and must abide by international law and relevant Security Council resolutions," Antonio Guterres said in a statement on Saturday.

LA TENTATION DE LA FUITE EN AVANT 

Le seul espoir de solution politique à la crise syrienne passe par un processus de transition dont les contours ont été tracés dès décembre 2015 dans la résolution 2254 d’un Conseil de sécurité pour une fois unanime

Ce scénario de sortie de crise n’a pas connu de commencement de début d’application: Moscou a en effet privilégié des accords de « désescalade », coordonnés avec Ankara et Téhéran, dans la perspective d’un « dialogue national » entre les parties syriennes sous son seul égide.

Poutine a ainsi encouragé le jusqu’au-boutisme de la délégation d’Assad aux pourparlers laborieusement parrainés par l’ONU: elle a dénié toute légitimité à des opposants collectivement accusés de « terrorisme », tandis que le régime multipliait les déclarations sur la « victoire totale » et la « libération » de l’ensemble du territoire. Les diplomaties occidentales qui misaient sur une éventuelle contradiction entre la Russie et l’Iran sur le dossier syrien en ont été pour leurs frais, car le soutien politique et militaire des deux principaux alliés du régime Assad est demeuré inconditionnel. Cette fuite en avant a vidé de toute substance un éventuel « dialogue national » d’inspiration russe et la conférence récemment convoquée à cet effet à Sotchi, sur la Mer noire, a été boycottée par toutes les tendances de l’opposition, ainsi que par la branche syrienne du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).

UN JEU A SOMME NULLE

D’aucuns auraient pu croire qu’un tel fiasco allait enfin pousser Poutine à tordre le bras d’Assad. Mais c’est ne rien comprendre à la dynamique de cet « engrenage » moyen-oriental. L’après-Sotchi a été marqué par une intensification des offensives menées par le régime Assad, avec le soutien actif de la Russie, contre les deux enclaves rebelles de la banlieue de Damas et de la province d’Idlib, malgré toutes les promesses de « désescalade ». Moscou a par ailleurs donné son blanc-seing à la poursuite de l’opération turque contre le canton d’Afrin, sans doute pour punir le PKK d’avoir sapé le processus de Sotchi. La Turquie, en retour, est en train d’abandonner les insurgés d’Idlib comme elle avait abandonné ceux d’Alep à l’automne 2016. Quant à Washington et aux capitales européennes, la priorité absolue accordée à la lutte contre Daech les laisse tétanisées face à cette nouvelle explosion de violence.

Une conclusion simple devrait pourtant s’imposer: le régime Assad refuse et refusera, sabote et sabotera toute forme de transition qui pourrait compromettre son pouvoir absolu. Un rapport de forces est dès lors indispensable pour le contraindre à un cessez-le-feu, et a fortiori à des négociations de substance. Or les Etats-Unis et leurs alliés européens ont abdiqué toute politique authentiquement syrienne au profit du seul combat contre Daech. S’étant ainsi exclus du jeu syrien, ils pourront éternellement attendre que le Kremlin, seul maître de ce jeu, le débloque par une action déterminée sur le régime Assad.

Bien au contraire,  Moscou a trop lié son crédit au rétablissement d’Assad pour exercer sur lui une pression sérieuse, préférant pilonner ses opposants, ou les laisser se faire pilonner. La Russie vient même d’enterrer la proposition de l’ONU d’une trêve humanitaire d’un mois. Entre Poutine et Assad, c’est sans doute celui-ci qui aura le dernier mot sur celui-là.

Pauvre Syrie!

« Poutine prisonnier d’Assad en Syrie », par Jean-Pierre Filiu POST DE BLOG

humour 1OO

02/09/2017

-Les guerres cachées contre Daech

Is Syria's de-escalation deal done? Par Enkolo dans Accueil le 10 Février 2018

BACHAR EL ASSAD, LE POUVOIR OU LA MORT.

 

06 février 2018 "SYRIE, LE CRI ETOUFFE."

fragile le cessez-le-feu - citoyenactif

Is Syria's de-escalation deal done? | Russia | Al Jazeera

Lebanon | Living on the Blue Line | Al Jazeera World - YouTube

08 février 2018 Is Syria's de-escalation deal done?

Tags : 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×