Daech, naissance d'un Etat terroriste

 

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Né des braises non éteintes de l'occupation américaine en Irak, proliférant sur les décombres du conflit syrien, Daech contrôle désormais un territoire grand comme la moitié de la France, sur lequel vivent quelque dix millions d'habitants. Contrairement à son aîné al-Qaida, dont la stratégie était d'emblée de porter le fer contre le grand Satan américain et ses affidés, la priorité affirmée de Daech, depuis le mitan des années 2000, est de construire un Etat. Comment s'est-il structuré ? Comment est-il parvenu à s'émanciper de tout financement extérieur ? Quelles sont ses visées expansionnistes ?

Daech, naissance d'un Etat terroriste - 04/02/2015 - YouTube


 

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En juin 2014, quelques milliers de djihadistes combattant sous la bannière de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) étaient parvenus à s’emparer de la deuxième ville d’Irak en seulement quatre jours. Trois ans plus tard, il aura fallu pas moins de neuf mois à Bagdad pour reprendre Mossoul, malgré le soutien de la coalition internationale, des peshmergas et des milices chiites.

 A la tête de l'organisation l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un homme : Abou Bakr Al-Baghdadi, sacré "terroriste le plus puissant du monde" en décembre dernier par Time (article en anglais). L'homme est présenté comme un "extrémiste irakien ambitieux" par la New York Review of Books (article en anglais). Né en 1971, Al-Baghdadi est irakien : il est originaire de Samarra, une ville située à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad, la capitale.Il a rejoint Al-Qaïda en 2003, lors de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, raconte Bruce Riedel (en anglais), ancien analyste de la CIA, aujourd'hui expert à la Brookings Institution, un think-tank américain. Le département d'Etat américain (en anglais) le surveille de près et a offert une prime de 10 millions de dollars pour toute information qui permettrait sa capture.

  

Le centre de l'Irak est lui aussi en grande partie sous la coupe de l'EIIL qui a pris Fallouja, une importante ville à 60 km à l'ouest de Bagdad (Faloudja, première ville à être tombée entre les mains des combattants de l'EIIL en janvier dernier). Et ce week-end, l'EIIL s'est emparé de 3 nouvelles villes. 

 

 L’Etat islamique acculé à Rakka et Mossoul titrait le Monde, Le crépuscule de l' Etat islamique (EI) a à Mossoul mettait en avant de son coté le Figaro.  L’émergence de l’EI, sous l’égide de son « calife » autoproclamé, Abou Bakr Al-Baghdadi, a marqué un tournant dans l’histoire du djihadisme. Le groupe a voulu contrôler un territoire et établir un Etat, le gérer, et accaparer les richesses qui en découlaient. Ce processus, qui a duré trois ans, s’achève à Mossoul au milieu des cendres et des ruines.

 

C’est dans la célèbre mosquée Al-Nouri de cette ville que le chef de l’EI avait fait son unique apparition publique en juillet 2014. Aujourd’hui, l’édifice a été détruit, pulvérisé par les djihadistes en déroute. Des milliers d’habitants ont été tués, des centaines de milliers de personnes, qui ont fui les combats, ne rentreront pas chez elles avant longtemps.

Le recul de Daesch face au coup de boutoir de / des coalitions Tout cela a conduit le premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi, à l'occasion de la libération de Mossoul, à proclamer la fin de l'État islamique. Cette annonce est tout aussi prématurée et aventureuse que la proclamation par George W. Bush, le 1er mai 2003, de la victoire et de l'arrêt des combats en Irak.

La libération de Mossoul est très loin d'enterrer l'idéologie du djihad mondialisé

Le Premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi, a beau célébrer la “victoire” contre l’État islamique et la “libération” de la ville, la réalité apparaît nettement plus nuancée. Mossoul est en grande partie détruite. Sa population a vécu de multiples traumatismes : trois ans d’occupation djihadiste, puis les bombardements de la coalition internationale, le déplacement de presque 1 million de civils dans des conditions souvent déplorables, sans oublier les exactions commises à leur encontre par les forces loyalistes et miliciennes.

Ils se sont ainsi emparés de Mossoul, la 2e plus grande ville irakienne et menacent Bagdad. En s'emparant de Mossoul, l'EIIL s'est arrogé un véritable trésor de guerre. Non seulement la ville est riche et sa région dispose d'importantes ressources pétrolières mais surtout, la banque centrale de Mossoul recelait 492 millions de dollars – de quoi financer sans trop de problèmes la poursuite de leurs opérations.

Daech profiterait aussi du trafic de migrants

Dans une interview au JDD, Franco Robert, procureur national de la Direction antimafia et antiterrorisme de Rome estime que «la logique conduit à penser (que) l'État islamique se finance aussi avec le trafic de migrants", tout en concédant qu'«il n'y a pas de preuves formelles».

«Le groupe contrôle des pans de territoires de deux pays de provenance des ­migrants, l'Irak et la Syrie, ainsi que des régions d'un pays de transit et d'embarquement comme la Libye» rappelle le spécialiste italien. Et de poursuivre : «Il est impensable qu'une organisation de type terroristo-mafieux qui contrôle ces territoires et les activités qui s'y déroulent ne tire pas profit de ces activités. En imposant par exemple des pots-de-vin ou des pourcentages sur les ­profits illicites.» Autement dit lorsqu'il y a une aggravation des tensions sociale, économique et sécuritaire dans les pays visées, Daesch se porte bien
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 Baghdadi est vivant selon un chef du renseignement kurde

Le chef des services de lutte antiterroriste du Kurdistan irakien est pratiquement sûr qu'Abou Bakr al Baghdadi, "calife" autoproclamé de l'Etat islamique, est encore en vie et qu'il se trouve au sud de Rakka, en Syrie.

« Capitale bis de l’EI »

« On a l’impression que Daech veut nettoyer le terrain avant la chute programmée de Mossoul [son quartier général en Irak, que les forces de Bagdad sont en train de reconquérir], poursuit Abou Ahmed. Ses troupes qui reculent là-bas pourraient venir se réfugier à Deir ez-Zor, qui deviendrait ainsi la capitale bis de Daech, à côté de Rakka, plus au nord. »

Selon Deirezzor24, un site d’informations local, l’offensive des soldats du « califat » a été facilitée par deux facteurs : l’arrivée de combattants irakiens, très expérimentés, et le butin de guerre saisi à Palmyre, en décembre 2016. Une vidéo diffusée sur Internet, peu après leur reconquête de la cité antique, 200 km à l’ouest de Deir ez-Zor, montrait des djihadistes en train d’ouvrir des caisses remplies de fusils d’assaut, à l’intérieur d’un campement militaire russe évacué à la hâte.

Will new government systems be just as bad? That's the real challenge," he said.

 

Is it over for ISIL? - UpFront special

 

Source: Al Jazeera by Stanley L Cohen : The battle for Mosul is almost over. What next? by Ibrahim Al-Marashi 

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Ce contraste entre l’intensité des bombardements sur une petite zone de la ville hermétiquement fermée et le faible nombre de blessés soignés par nos équipes évoque la dernière phase de la bataille de Mossoul, dont l’armée irakienne vient de reprendre le contrôle.

L’offensive contre l’ouest de la ville irakienne était d’une violence telle qu’un tiers de la vieille ville a été entièrement détruit et que le décompte de cadavres sous les décombres se poursuit encore.

La comparaison entre Mossoul et Rakka a ses limites, du fait d’un environnement et d’un contexte différents. Mais à Mossoul, des dispositifs pour les déplacés et des structures médicales ont été mises en place rapidement. Alors qu’à Rakka ils n’ont même pas été pensés. Et les déclarations du commandant de la coalition ne sont pas là pour nous rassurer, quand il explique par exemple que toute embarcation essayant de quitter la ville par l’Euphrate sera détruite.

 Dans le POINT DE VUE d u monde « A Rakka, plus encore qu’à Mossoul, les civils sont laissés pour compte »Equation strictement militaire et Intensité des bombardements ponctuent la vie sur place

 

 

Between June 1 and July 25, the Syrian Network for Human Rights confirmed the deaths of 391 civilians in Raqqa at the hands of the coalition and the SDF

destruction there will be until Raqqa is captured.

 

A map showing damaged and destroyed areas of Raqqa released by the REACH initiative on July 11 [REACH 2017)

La réalité, c’est qu’aujourd’hui comme hier, en Syrie comme en Irak, le sort des civils présents dans les territoires contrôlés par l’Etat islamique ne compte pas.

 

» Le crépuscule de l'État islamique à Mossoul

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Daech recule. L’armée irakienne a repris la semaine dernière le site en ruine de la mosquée Al Nouri à Mossoul, où avait été proclamé le califat a échoué, estiment les experts. / AFP PHOTO / FADEL SENNA - FADEL SENNA/AFP

 

Sentiment d’humiliation

L’EI militairement aux abois, il reste à le défaire idéologiquement. Une bataille qui ne peut être menée sans une réelle reconstruction de ces pays et une participation politique de populations marginalisées depuis des années par les pouvoirs en place. En Irak, la montée en puissance de l’EI, né sur les cendres d’Al-Qaida, qu’on avait déclaré défaite dans les années 2000, est le fruit de la marginalisation des populations sunnites ; des populations étouffées et réprimées par un gouvernement central, revanchard, dominé par la majorité chiite.

En Syrie, l’implosion du pays et la guerre totale menée par Bachar Al-Assad et ses alliés contre les régions insurgées avait là aussi ouvert un boulevard aux radicaux, EI en tête, après deux ans de révolte populaire. La présence massive de forces iraniennes et de milices chiites soutenues par Téhéran dans ces deux pays alimente un clivage chiites-sunnites et ne peut qu’attiser un sentiment d’humiliation dans ces régions.

Lire aussi :   A Mossoul, les luttes de pouvoir et d’influence ont commencé

Selon Les Echos - Sponsorisé ·" L’EI a vu ses revenus divisés par 5 en quelques mois et est en passe de perdre ses capitales syrienne et irakienne" dans le post intitulé " Pour quoi l’Etat islamique au bord de l’effondrement militaire et financier "En savoir plus LESECHOS.FR

MIDDLE EAST Turkish and Kurdish forces clash in northern Syria, tensions rise Mounting tensions between Kurdish and Turkish troops in northern Syria have threatened to open a new front in the country’s complex war.

 

Life Inside Islamic State

 

Lire le portrait (en édition abonnés) : Abou Bakr Al-Baghdadi, le nouveau Ben Laden

(1) Dernier livre paru : «Je vous écris d’Alep», Denoël, 158 pp., 13,50 €.  

Les guerres cachées contre Daech Par Enkolo dans Accueil le 4 Janvier 2017 

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